Né à Saumur en 1963, Pascal LESAGE, est déjà attiré très jeune par les arts martiaux. Après en avoir pratiqué plusieurs, il choisit le karaté. En 1980, il devient élève de l'école dont Maître Taiji Kase est le responsable en France; la Japan Karate Association. Entouré de professeurs professionnels, il a la chance et le temps de s'entraîner presque tous les jours. Hervé Bautrel, Daniel Lautier et Angel Ibanez vont l'aider et surtout lui donner l'envie d'aller plus loin.

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Comme beaucoup à l'époque, il suit les maîtres japonais de la JKA, Kase, Enoeda, Shiraï, Miyazaki et Kanazawa entre autre. Il pense pratiquer le "vrai karaté" mais en voyant des étudiants japonais lors d'un stage international en Belgique, il s'aperçoit que ça n'est pas le même karaté. Ses aînés lui confirment que sans aller au Japon, il est difficile de comprendre vraiment ce qu'est le karaté-dô. C'est alors qu'avec 2 de ses camarades de dojo et l'aide de ses "ainés", ils décident de se lancer à l'aventure et partent pour le Japon pour étudier leur art à l'université en septembre 1985.

 

C'est beaucoup plus difficile qu'ils ne le pensent. On les refuse et leur demande des lettres d'introduction. Avec l'aide des instructeurs JKA en poste en Europe, ils arrivent tout juste à être tolérés. La JKA de l'époque est encore très fermée et très dure, surtout pour des étrangers. Ils sont confrontés à beaucoup de problèmes. On leur dit que ce qu'ils pratiquent n'est pas vraiment du karaté et qu'ils doivent tout réapprendre depuis le début. Pour cela, ils doivent s'entraîner tous les jours et parfois plusieurs fois par jour. Les cours sont très éprouvants. On ne parle et mange que japonais. Il fait très chaud. Les 2 amis de Pascal ne vont rester que quelques mois à la JKA. Ils vont aller s'entraîner dans une école moins dure et vont finir finalement par revenir en France 10 mois plus tard, eux qui étaient venus pour 2 ans.

 

Pascal se retrouve alors seul. Malgré les difficultés, il continue et va vivre ainsi 20 ans. Il pratique d'abord à l'université et dans le dôjô dune légende du karaté, Ozawa sensei, un élève de Gichin Funakoshi Sensei qui a développé le karaté aux Etats-Unis et qui est mondialement renommé.

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C'est son jeune frère, Sugano Sensei, 9ème dan JKA, également élève de Funakoshi sensei et chef instructeur JKA de la partie ouest (Kansaï) du Japon qui le remplace et qui va enseigner à Lesage sensei pendant plusieurs années.

Selon le jour, les instructeurs sont différents et les cours sont, bien sûr, en japonais. Deux personnes vont l'aider en lui expliquant en anglais de temps à autre. Le premier, s'appelle Hiroshi Matsuura et n'est autre que le chef instructeur du Méxique, de retour au Japon pour des raisons familiales. Le second est son sempai, Marc Waterhouse, le futur champion du Japon et père des 2 jumelles, championnes du monde.

 

Au cours de son séjour, Pascal va étudier le karaté-dô, la langue et la culture japonaise dans plusieurs universités dont notamment la célèbre université de Takushoku où les cours vont être suspendus pendant quelques temps pour cause de décès lors d'un entraînement. Pourtant, Pascal LESAGE, reste très marqué et continuera à s'entraîner comme dans cette université ou l'entraînement est basé sur les techniques de base (le kihon) et où ont enseigné les Funakoshi, Nakayama et Tsuyama sensei et qui a vu les plus grands karatekas. Tout en continuant de prendre des cours au hombu dôjô JKA, son travail l'emmène à Osaka où il va trouver son dôjô; le SHOWAKAN.

 


Il apprécie particulièrement ses sempaïs et professeurs tels Sakaï sensei, Osaka sensei ou Kawawada sensei mais il va entretenir des rapports particuliers avec un qui va vraiment lui montrer la "voie". C'est Saito sensei.

Saito a pris la place avec Kagawa sensei de Tanaka sensei sensei à la tête de la JKA D'Osaka jusqu'à l'arrivée d'un troisième du nom de Iwabuchi sensei. Le dôjô central JKA (hombu) s'appelle le SHOWAKAN. C'est dans ce dôjô que le français va apprendre l'esprit particulier du "budô". Saîto sensei est un personnage excemplaire et insiste beaucoup sur le respect du "dôjô ku". ses cours insistent sur le travail à la makiwara et sur l'étude des katas. Le kumité de l'époque appelé "dôjô kumité" n'a pas de règles.

Malgré son refus, il participera pendant plusieurs années à diverses compétitions en kata comme en kumité. Il fera partie plusieurs fois de l'équipe d'Osaka aux championnats JKA du Japon. L'équipe "showakan" sortira vainqueur des championnats JKA de 1995 en combat. Les championnats du monde lui donne l'occasion d'entretenir des relations avec Daniel Lautier et de suivre l'évolution de la JKA en France. Il participe comme représentant d'Osaka, au fameux SHIHANKAï JKA qui va recodifier les kata Shôtôkan atour de Sugiura sensei en 1994.

  


En 1995, il commence à donner des cours au dojo SHOWAKAN HONBU.

En 1999, il se voit confier la direction technique des dojo des villes d'Ashiya et de Nishinomiya, responsabilités qu'il garde à l'heure actuelle.

Il est chargé d'enseignement à partir de 1992 dans plusieurs universités et tout spécialement à l'Université Kansaï, celle où a enseigné Chojun Miyagi, où KENWA MABUNI a créé le premier club universitaire Shito ryu en 1939 et où le NIPPON KENPO s'est développé. Il enseigne plusieurs matières dans cette université jusqu'à sa démission en mars 2005, aux côtés du grand expert 9ème dan JKF, Ryuichiro Tomoyori Soké, chef instructeur du KENYU RYU et responsable de l'éducation physique du karaté-dô. C'est aussi là qu'il se lie avec le club de karaté de l'université KEIO qui est le premier club de karaté universitaire à avoir été créé et où à le plus enseigné GICHIN FUNAKOSHI. Pascal fait partie de l'encadrement officiel lors des premiers championnats du monde universitaires et servira également d'interprète à l'équipe de France (FFKAMA).

A force qu'on lui répète qu'il est plus japonais que les japonais, il décide de se faire naturaliser en 2004.

Constatant l'engouement commercial, il refuse de continuer à passer des grades au delà du 3ème dan mais on lui ordonne de passer le 4ème, puis le 5ème. Il est reçu ensuite au deuxième degré d'instructeur de karaté-dô. Il devient ainsi un des rares étrangers à avoir passer cet examen au même titre que les candidats japonais. Il est également arbitre et examinateur certifié JKA Japon.

  


Il est chargé de représenter le groupe JKA, Showakan, en Europe depuis 2005.

Il découvre avec tristesse que malgré le renommée mondiale de la JKA dans 123 pays, ses grades JKA ne sont pas reconnus en France. Enfin le 20 mai 2006, la CSDGE lui accorde le grade de 4 ème dan. On est bien loin du karaté-do japonais et il déplore le karaté plus politisé que phylosophique qu'il découvre en France. Suite aux excellentes relations qu'il entretient avec le président de la ligue TBO de karaté et sur les ordres du dôjô central Showakan, il insiste pour que France Showakan s'affilie à la Fédération Française de Karaté.

Ces 20 années passées à étudier le karaté-dô à l'autre bout du monde lui ont appris que le kata en était le coeur, le kihon la racine et le développement du caractère le fruit. Il affirme qu'il faut reconnaître la valeur des autres styles tout en gardant le sien et que le niveau d'un pratiquant se juge sur son temps passer à pratiquer et sur le respect du dojo kun. Il s'efforce de développer un karaté "japonais" dans la technique mais surtout dans l'esprit; le karaté-dô "culturel" qu'il a appris au Japon tout en respectant celui qui est déjà pratiqué en France.

En 2007, il fuit le karaté "commercial" en abandonnant la profession de professeur de karaté professionnel et travail actuellement pour les assurances Generali.